Mekong Discovery Trail /F/E/

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flagFR-h12 ou : De Stung Treng à Kratie via l’île maudite

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Du Laos au Cambodge

Après le passage de la frontière, nous avons pris quelques jours de pause à Stung Treng, une détestable petite ville au nord du pays. Pas que nous avions réellement besoin de nous reposer (nous n’avons roulé qu’une seule journée d’affilée pour y arriver), mais avons rencontré quelques frustrations les jours précédents.

Avant-dernière nuit au Laos, une guesthouse chère sans ventilateur et avec une clim qui ne fonctionne pas : nous n’avons quasi-pas pu dormir dans ce sauna qui nous servait de chambre, et avons reporté notre départ d’un jour. Nous trouvons une dizaine de kilomètres plus loin une autre guesthouse. Pour la 3e fois depuis le début du trip nous découvrons un pneu crevé, avec pour responsable un petit bout de pierre pointu. Nous tentons d’enfiler des nouveaux pneus plus résistants, pourtant de la bonne taille, mais même en nous acharnant à deux ça ne passe pas sur la roue (nous apprenons plus tard que le tube n’était pas adapté à ce pneu, bon, on apprend de nos erreurs !). Résultat : un 2e tube crevé et plusieurs heures perdues. Le lendemain, ma peur des araignées est mise à l’épreuve en découvrant deux monstres dans la salle de bain (pas de type mygale mais quand même deux fois plus larges que nos grosses araignées noires d’Europe, et nettement plus rapides). Nous passons la frontière en payant 10$ car nous n’avions pas les cartes de sorties (bon à savoir, il fallait en prendre à l’entrée au Laos). Quelques heures plus tard, nous découvrons pour la 4e fois un pneu crevé, avec pour responsable une épine de plante, oui, une épine de plante ! Réparation de tube à l’ombre d’un arbre, on renfourche les vélos et une heure plus tard nous arrivons à Stung Treng. Cette première ville du Cambodge ne nous convainc pas : sans autre charme que le Mékong qui la longe, très sale, avec des habitants peu aimables qui tentent d’abuser de la “taxe peau blanche”, de la nourriture présentant peu d’intérêt, même les fruits sont sans saveur. Bon, on espère que tout ça n’était qu’un peu de poisse…

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Mekong Discovery Trail

Nous nous réjouissons de poursuivre la route avec le Mekong Discovery Trail, qui rassemble plusieurs treks touristiques en vélo le long du fleuve, dont l’un permet de rouler sur 3 jours entre Stung Treng et Kratie, en passant 2 nuits chez l’habitant (“homestay”). Bref, une portion qui devrait se passer sans difficulté, c’est organisé pour les touristes ! dsc_1612.jpgNous rassemblons cartes et informations auprès de l’organisme Xplore Asia, et nous partons direction Koh Preah, une petite île sur le Mékong où se trouve le homestay. dsc_1623.jpgCette première journée se passe effectivement très bien, dsc_1628.jpgnous roulons sur des chemins de terre, embarquons avec les vélos sur un petit ferry et nous voilà déjà arrivés au homestay, une maison en bois sur pilotis dans un tout petit village. dsc_1643.jpgL’expérience fut intéressante, malgré une communication limitée avec notre hôtesse et ses fils (bon, on se doutaient bien que personne ne parlerait anglais). La maison est, vue de l’extérieure, extrêmement basique, mais je suis étonnée de voir toute la décoration présente à l’intérieure : petit autel religieux, fleurs, pleins de photos de famille, des draps colorés ornant les entrées des chambres. dsc_1654.jpgIl n’y a l’électricité que pour une lampe par pièce (alimentée par une batterie), pas d’eau courante (l’eau est stockée dans des silos), les toilettes sont un trou dans le sol dans une petite cabane. Mais malgré le peu de ressources, tout est propre et relativement entretenu. On observe pendant un après-midi une vie très calme dans le village, où les habitants, hormis quelques tâches ménagères, alternent entre farniente dans un hamac et discussions avec la famille ou les voisins. 

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Deuxième jour, nous continuons le chemin indiqué sur la carte : 2h de bateau sans voir les dauphins attendus, débarquement au nord de l’île principale sur laquelle nous sommes censés rouler environ 45 km jusqu’au prochain homestay. dsc_1636.jpgUne histoire de quelques heures théoriquement. Mais là, nous découvrons au fur et à mesure des coups de pédale un petit chemin horrible, composé soit de sable profond ou de boue dans lesquels dérapent ou s’enfoncent les pneus (les bagages n’aident naturellement pas), de gravier glissant, de racines et de pierres nous forçant à rouler doucement, le tout agrémenté d’innombrables mouches agressives et d’araignées, avec pour finir des panneaux on ne peut moins clairs sur la direction à prendre. Bref, 8 km en 2h, ça irait presque plus vite à pied ! Mais comment un chemin aussi pourri peut-il être conseillé pour un trek touristique ?! Probablement qu’avec un vélo cross adapté et sans bagages ça peut effectivement être fun. Le gars de l’agence aurait pu être un peu plus précis… Et comme ce n’était pas encore assez drôle, nous avons fini par nous perdre.

Nous arrivons dans un champs suite à un croisement muni d’un panneau complètement inutile (comprenez : un chemin à gauche, un chemin à droite, et sur le panneau toutes les destinations sont mentionnées avec une flèche tout droit !). Alors que j’avance un peu dans le champs pour voir s’il y a quelqu’un dans les huttes qui pourrait nous renseigner, Rob fait demi-tour, furieux, en disant qu’il repart à notre point de départ, c’est la goutte d’eau ! Ne souhaitant pas vraiment qu’on se sépare dans cette jungle, je reviens également en arrière pour le suivre. Mais après une dizaine de minutes, toujours pas de trace de Rob. Il m’aurait normalement attendue à la prochaine intersection, c’est étrange. Je l’appelle en criant, pas de réponse. Lui est-il passé quelque chose ? Un serpent ? Un mine ? Aurais-je pu ne pas le voir sur le chemin alors que sur cette portion il n’y en a qu’un seul dans cette direction ? Vraiment improbable. Je continue donc vers notre point de départ. Mais au bout de quelques minutes je m’arrête. Aurait-il vraiment foncé vers notre point de départ sans m’attendre ? C’est encore moins probable. Que faire ? Je me rattache à notre règle en cas de perte : on se retrouve au dernier lieu où on s’est vus. Je rebrousse donc chemin en direction du champs et, une heure après s’être perdus, on finit par se retrouver ! Pour comprendre ce qui s’est passé du côté de Rob, lire son récit.

Nous finissons par trouver le bon chemin, mais avons besoin de faire le point. Il est 11h, nous calculons qu’à ce rythme il nous reste 6h avant d’arriver au homestay, et dans 2h nous devrions arriver pas très loin d’un village (à 1km du chemin), qui sera indiqué… ou pas ! Nous sommes déjà presque à court d’eau. Le risque de ne pas pouvoir trouver ce village (et donc à boire) et le risque de ne pas pouvoir arriver avant la tombée de la nuit nous semblent trop haut : nous décidons de rebrousser chemin. Arrivés à notre point d’embarquement au nord de l’île, un habitant nous organise un bateau-taxi pour nous emmener à Koh Khnhaer, où nous allons pouvoir passer la nuit et nous remettre de nos émotions. Nous entrons dans l’unique homestay du village, le seul bâtiment en dur, mais… (parce que oui, il y a toujours un “mais”) nous découvrons une petite chambre munie d’un lit aux draps sales, troués et poussiéreux, une moustiquaire elle aussi trouée (heureusement nous avons la nôtre), sans électricité ni salle de bain. Le gars veut 10$ (soit le prix dans une guesthouse normalement vraiment nickel toute équipée), mais impossible de négocier. C’est la loi l’offre et la demande, et il a le monopole sur son marché, le sagouin ! N’ayant pas de tente pour aller dormir ailleurs, nous acceptons en maugréant un peu. Nous voulons maintenant prendre une bonne douche, et découvrons qu’il n’y a bien sûr pas d’eau courante non plus. Le gars nous montre une bassine d’eau opaque de couleur orange-brun, qui ne donne franchement pas envie de se laver avec. Nous tentons de lui expliquer que cette eau est sale, mais il répond tout fièrement que c’est de la “Mekong river water” !!! Parasites, bactéries et produits chimiques inclus ! Non merci, nous achetons quelques litres d’eau potable et ça fait l’affaire. Et après la douche nous voulons nous rassasier un peu, peut-être trouverons-nous ici des bons produits. Tout ce qu’il y a de disponible sur les stands sont des soupes de pois et de riz ; nous préférons nous préparer des sandwiches (par miracle nous avions emporté du pain et de la margarine de Stung Treng). Nous trouvons quelques légumes et des œufs, mais en ouvrant les œufs… beuaaarkk ! Ils sont tous fécondés, c’est-à-dire qu’on y trouve des poussins plus ou moins développés à l’intérieur, parfois déjà avec des plumes. Bon, bah ce sera un repas vegan ! (Désolée, je n’ai pas de photos car le téléphone était éteint pour conserver la batterie, ne pouvant pas le recharger depuis 2 jours.)

Le lendemain, nous quittons au plus vite ce trou pour rejoindre Kratie vie la nationale n°7, une superbe route bétonnée sans trop de circulation et avec même un large bas-côté propre pour se décaler quand un véhicule nous dépasse. Rob est malade, nous restons ici quelques jours pour nous reposer et surtout pour profiter d’un peu de confort.

En conclusion, ce Mekong Discovery Trail touristique s’est révélé être le pire itinéraire que nous ayons fait jusqu’ici. Si vous souhaitez le parcourir, veillez soit à contourner l’île maudite (Koh Phdao) d’une manière ou d’une autre, soit équipez-vous de vélo cross avec des pneus adaptés vraiment tout-terrain, et sans bagages !

[uk_flag] or: From Stung Treng to Kratie via the cursed island

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From Laos to Cambodia

After crossing the border, we took a few days off in Stung Treng, a detestable small town in the north of the country. Not that we really needed to rest (we biked only a single day to get there), but we met somes frustrations a few days earlier.

Normally last night in Laos, an expensive guesthouse without a fan and with air conditioning that doesn’t work: we were almost not able to sleep in the sauna that was our room, and have postponed our departure for a day. We find about ten kilometers away another guesthouse. For the third time since the beginning of the trip, we discover a flat tire, whose responsibility was a small piece of sharp stone.We try to put on new tires more durable, though the right size, but even with striving it doesn’t pass on the wheel (we learn later that the tube wasn’t suited to this tire, good, we learn from our mistakes!). Result: a second tube punctured and several hours lost. The next day, my fear of spiders is tested by discovering two monsters in the bathroom (not type tarantula but still twice as wide as our big black spiders in Europe, and much faster). We pass the border by paying $ 10 because we had no Output Units (good to know, it had to be taken at the entry in Laos). A few hours later, we find for the 4th time a punctured tire, with responsibility for a thorn of a plant, yes, a thorn of a plant! We fix the tube under the shade of a tree, get on bikes again, and an hour later we reach Stung Treng. This first city in Cambodia doesn’t convince us: no other charm that the Mekong loin, very dirty, with unfriendly people who try to abuse the “white skin tax”, food of little value, even fruits are tasteless. Well, we hope all of this was just misfortune…

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Mekong Discovery Trail

We look forward to continuing the road with the Mekong Discovery Trai , which brings together several tourist treks by bike along the river, one of which allows driving over 3 days between Stung Treng and Kratie, going 2 nights in homestays. In short, a portion that should run without any difficulty, it’s organized for tourists! dsc_1612.jpgWe collect maps and information at the agency Xplore Asia, and we go towards Preah Koh, a small island on the Mekong where the homestay is located. dsc_1623.jpgThe first day actually runs very good, dsc_1628.jpgwe drive on dirt roads, embark with the bikes on a small ferry and here we arrive at the homestay, a wooden house on stilts in a small village. dsc_1643.jpgThe experience was interesting, despite limited communication with our hostess and her sons (well, it was clear that nobody would speak English). The house is seen from the outside, extremely basic, but I am surprised to see all the decoration inside. Small religious shrine, flowers, lots of family photos, coloured materials adorning the entrances of rooms. There’s just electricity for a lamp in every room (battery powered), no running water (water is stored in silos), the toilet is a hole in the ground in a small hut. But despite the limited resources, everything is clean and more or less maintained. We see during an afternoon a quiet life in the village, where the inhabitants, except for some household tasks, alternate between lazing in a hammock and discussions with family or neighbours.

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Second day, we continue the path shown on the map: 2h boat without seeing the expected dolphins, landing north of the main island on which we are supposed to drive about 45 km until the next homestay. dsc_1636.jpgA ride of a few hours theoretically . But as we pedal we discover a little horrible way, composed of deep sand or mud where the tires skid or sink (luggage naturally doesn’t help), slippery gravel, roots and stones forcing us to drive slowly, all complemented by countless biting flies and spiders, and finally with panels can’t be less clear about the direction to take. In short, 8 km in 2 hours, it would almost faster to walk! But how such a rotten way can it be advised for a tourist trek! Probably with a suitable cross bike without luggage it can actually be fun. The guy from the agency could have been a little more precise… And as it was not funny enough, we ended up getting lost.

We arrive in a field following a cross with a completely useless panel (read: a path to the left, a path to the right and on the panel all destinations are listed with an arrow straight!). So I go a little further in the fields to see if there is someone in the huts who could help us, Rob, furious, turns back, saying he’s leaving to our starting point, this was the last straw! As I don’t really wish that we separate in this jungle, I also turn back to follow him. But after ten minutes, still no trace of Rob. He would have normally waited for me at the next intersection, that’s strange. I call him, no answer. Did something happen? A snake ? A mine? Could I not have seen him on the way although on this portion there is only one in that direction? Really unlikely. So I go on to our starting point. But after a few minutes I stop. Would he really been gone to our starting point without waiting for me? It’s even less likely. What to do ? I cling to our rule in case of loss: we go back to the last place where we saw each other. Therefore I go back towards the fields and, an hour after having lost, we find us again! To understand what happened from Rob’s view, read his story.

We finally find the right path, but we need to take stock. It is 11am, we calculate that at this rate we still have 6 hours before arriving at the homestay, and in 2 hours we should arrive not far from a village (1km from the road), which will be shown … or not! We are already almost at short water. The risk of not being able to find this village (and therefore something to drink) and not being able to arrive before nightfall seems too high: we decide to turn back. Arrived at our embarkation point north of the island, an inhabitant organizes for us a water taxi to take us to Koh Khnhaer, where we can spend the night and recover from our emotions. We enter the unique homestay village, the only permanent building, but … (because yes, there’s always a “but”) we find a small room equipped with a bed with dirty, holed and dusty sheets, a mosquito net also holed (fortunately we have ours) without electricity or bathroom.The guy wants $ 10 (the price in a guesthouse normally really good and equipped), but impossible to negotiate. It’s the law of supply and demand, and he has the monopoly in his market, the marmoset! As we haven’t got a tent to sleep elsewhere, we accept, grumbling a bit. We now want to take a shower, and discover that there’s of course no running water either. The guy shows a basin of water, with opaque orange-brown colour, which frankly doesn’t make you want to wash with. We try to explain that the water is dirty, but he proudly replies that this is the “Mekong river water”!!! Parasites, bacteria and chemicals included! No thank you, we buy a few liters of drinking water and it does the trick. And after the shower we want to eat something, maybe we find good products here. All that’s available on the stands are pea soup and rice soup; we prefer to prepare sandwiches (fortunately we brought bread and margarine from Stung Treng). We find some vegetable and eggs, but as we open the eggs … beuaaarkk! They are fertilized, that’s to say there’s more or less developed chicks inside, sometimes already with feathers. Well, it will be a vegan meal! (Sorry, I have no photos because the phone was turned off to conserve the battery, which can not recharge for 2 days.)

The next day we leave as soon as possible that hole to reach Kratie via national No. 7, a superb concrete road without much traffic. Rob is sick, we stay here a few days to rest and especially to enjoy a little comfort.

In conclusion, the tourist Mekong Discovery Trail turned out to be the worst route we had so far. If you want to travel it, be sure to either bypass the cursed island (Koh Phdao) in one way or another, either equip yourself with cross bike with tires really suitable off-road, and without luggage!